Médicaments homéopathiques, changement de paradigme

Le Syndicat national des médecins homéopathes français a organisé, vendredi 5 juillet, une réunion avec les laboratoires pharmaceutiques homéopathiques et le Syndicat de la pharmacie homéopathique (SNPH) afin d’évaluer l’impact de la procédure d’enregistrement des médicaments homéopathiques sur leur prescription par les médecins et leur délivrance aux patients.

A l’issue de cette rencontre importante, il apparait que cette réglementation ouvre la voie à une mutation du modèle médico-économique du médicament homéopathique. Il s’agit d’un processus au long cours. Dans un premier temps – au moins jusqu’en 2015 – il n’y a pas d’inquiétude à avoir sur la pharmacopée actuellement disponible pour les médecins, qu’il s’agisse des souches remboursables, des souches non remboursables et des préparatoires. Mais, au-delà, une période d’incertitude liée à des considérations économiques s’ouvre.

En effet, l’enregistrement individuel [1]– et non plus global des souches [2] - n’est qu’un aspect de la procédure. Celle-ci prévoit aussi que les entreprises pharmaceutiques doivent produire les médicaments et les préparations [3] sur des sites répondant à des normes et selon un process industriel. Pour les laboratoires, ces obligations nouvelles ont un double impact sur les coûts de production qui les amène d’une part à ne fabriquer que les dilutions les plus prescrites des souches ayant obtenu un enregistrement et d’autre part à retirer du marché les souches très peu prescrites dont la rentabilité n’est pas assurée. Pour une souche ayant obtenu un enregistrement, toutes les dilutions restent néanmoins disponibles car les dilutions de la 2CH à la 30 CH, et toutes les autres dilutions peuvent être fabriquées par les pharmaciens disposant d’un espace dédié à la préparation homéopathique.

P.-S.

Source : SYNDICAT NATIONAL DES MÉDECINS HOMÉOPATHES FRANÇAIS Communiqué de presse du 10/07/2013

Notes

[1] Une directive européenne de 1994 impose aux états de l’Union européenne de réévaluer la pharmacopée autorisée sur leur territoire. Transposée en droit français, cette directive s’applique aussi aux médicaments homéopathiques à raison d’un dossier par souche et par laboratoire. La procédure devrait durer au moins jusqu’en 2015. Les 1163 souches actuellement remboursables disponibles sur le marché français ont commencé à être passées au tamis de l’Agence nationale de la sécurité du médicament (ANSM). A ce jour, sur 900 dossiers déposés moins de 200 souches ont été évaluées et seulement 27 – représentant moins de 1 pour mille du volume des prescriptions – ont été retoquées. Et, il est important de souligner que tant qu’elles ne sont pas analysées par l’Agence du médicament, les souches remboursables restent disponibles et ouvertes à la prescription. Les souches non remboursables – au nombre de 2000 – restent également disponibles. Pour leur part, les laboratoires Boiron ont arrêté la commercialisation de 25 souches dont le volume de prescription était faible.
Toutes les informations concernant les souches enregistrées et les dilutions disponibles, les souches abrogées par refus de l’enregistrement homéopathique sont disponibles pour les médecins sur le site du SNMHF

[2] Une souche est la matière première permettant la préparation de plusieurs dilutions homéopathiques conditionnées sous différentes formes galéniques.

[3] La préparation magistrale se présente comme « tout médicament préparé extemporanément en pharmacie selon une prescription destinée à un malade déterminé » (Art. L.5121-1 CSP).
Cette définition permet de distinguer la préparation magistrale de la spécialité (préparée à l’avance), de la préparation officinale (dont la formule est standardisée et non adaptée à un malade particulier) Le médicament magistral ne peut donc se préparer à l’avance, mais simplement à l’unité pour un patient donné.