Homéopathie en Europe, un projet de norme soutenu par le SNMHF

Un projet européen de fixer des normes de pratiques et de prescription de l’homéopathie vise à harmoniser le statut et la place de l’homéopathie en Europe alors qu’actuellement, la pratique de l’homéopathie est, à la manière d’une auberge espagnole, dans des situations disparates dans les 28 Etats de l’UE. Engagé dans cette démarche,

le Syndicat national des médecins homéopathes français entend que cette normalisation aboutisse à une reconnaissance exclusive de l’homéopathie médicale, c’est-à-dire ne pouvant être pratiquée que par des médecins.

Le Syndicat national des médecins homéopathes français organise, samedi 1er février, les 3e Assises du médecin homéopathe, rendez-vous incontournable des médecins homéopathes pour une réflexion sur leur pratique médicale et sa place dans le système de santé.

Cette année, le temps fort de cette journée, sera le projet de définition de normes de pratique et de prescription de l’homéopathie lancé par la Commission européenne de normalisation.

L’homéopathie doit-elle être codifiée par des normes au risque d’y perdre sa spécificité – voire son âme - fondée sur l’individualisation de l’approche thérapeutique ?

En réalité, cette recherche d’harmonisation européenne est une nécessité. En France, l’homéopathie est une pratique médicale - reconnue par l’Ordre des médecins depuis 1997 - qui ne peut être pratiquée que par des médecins ayant reçu une formation complémentaire. Mais cette protection pourrait, à terme, n’être qu’une sorte de ligne Maginot que les tenants d’une homéopathie non médicale pourraient contourner à la faveur d’une directive européenne. En effet, il faut savoir qu’en matière d’homéopathie, parmi les 28 Etats de l’Europe, c’est – si on peut dire – l’auberge espagnole. On y trouve toutes les situations possibles et imaginables. Dans certains pays, l’homéopathie n’est pas une pratique médicale et tout le monde peut s’autoproclamer homéopathe. Dans d’autres, c’est une pratique médicale mais non reconnue légalement. Dans d’autres encore, c’est une pratique médicale reconnue mais non prise en charge par les systèmes de financement obligatoires. Dans d’autres enfin, la prescription d’homéopathie par un médecin peut entraîner sa radiation de l’Ordre des médecins.

Le SNMHF et l’ensemble des structures représentant l’homéopathie (écoles, associations de FMC, société savante) ont décidé de s’impliquer dans cette démarche de normalisation. L’objectif est d’imposer la norme selon laquelle en Europe, seule une homéopathie médicale pratiquée par des médecins soit reconnue. Ainsi, l’auberge espagnole serait fermée au bénéfice des patients, qui aurait la garantie d’une prise en charge médicale, intégrant l’homéopathie. Il est, en effet, de l’intérêt de la santé publique et des patients, que, dans l’ensemble de l’Union européenne, une pratique – qui a, depuis longtemps, fait la preuve de son efficience – ne puisse être exercée que par des médecins.

P.-S.

Communiqué de presse du 29/01/2014 du Syndicat national des médecins homéopathes français